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25 novembre 2020

Le retour à la vie d'un scaphandrier

Victime d'un accident de plongée le 27 Août dernier, Babriel Di Domenico lutte depuis quatre mois pour ne pas rester paraplégique.

Dans sa chambre, au cen­tre de rééducation fonc­tionnelle de Valmante, des photos lui rappellent que sa vie est entièrement con­sacrée à la plongée sous-marine. Il ne pense qu'au jour où il pourra à nouveau revêtir son scaphandre au­tonome. Mais ce pionnier de la grande aventure des travaux offshore, héritier de la grande tradition des "pieds lourds" marseillais, doit aujourd'hui lutter de toutes ses forces pour ne pas rester paraplégique.

C'était le 27 août dernier, Gabriel Di Domenico, 46 ans, patron de la compa­gnie Océamer, devait effec­tuer une inspection d'une conduite d'alimentation du Frioul, par plus de 30 mè­tres de fond. En compagnie de son directeur technique, Gérard Galorini, il plon­geait avec les gestes sûrs du professionnel. En surfa­ce, une équipe veillait à bord du bateau d'assistan­ce.

Soudain, alors qu'il pho­tographiait cette conduite, il voyait tout tourner. Puis plus rien... Victime d'un pe­tit malaise cardiaque, qui en surface n'aurait pas eu de conséquence, en revan­che sous l'eau, l'accident de décompression trop rapide était inévitable.

Paralysé

La solidarité des gens de mer aura permis à Gaby d'être transporté en un temps record à l'hôpital Sa-lavator, seul établissement habilité pour recevoir de telles urgences.

La grande famille des plongeurs était aussitôt avertie et deux de ses mé­decins spécialisés, M. Co­rnet et M. Jacquin, se por­taient à son chevet. Il fal­lait faire vite, car, après les premiers soins, une inquié­tante paralysie des jambes et des bras apparaissait.

Transféré à sa demande, à la clinique Résidence du Parc, Gaby était pris en main par l'ancien médecin de la "Calypso", Jean-Loup Nivelleau et le responsable du caisson de cet établisse­ment, Serge Gimenez.

L'infortuné plongeur re­venait de loin. Après avoir retrouvé l'usage de ses bras, il se croyait alors pri­vé à jamais de ses jambes :

"Quand cet accident est arrivé, j'ai compris que tout allait basculer dans ma vie professionnelle. Dans un premier temps, j'ai cru comprendre que je remarcherai jamais. je me suis vu foutu et je n'hési­tais pas alors à dire à mes proches que je n'accepterai pas de vivre avec un tel handicap."

"Quelques semaines ont suffi pour me faire réaliser qu'avec de la volonté et une solide détermination, j'ar­riverai à remarcher. Je ne perds pas espoir de pouvoir reprendre mon métier. Je me remettrai à l'eau pour l'ouverture de l'Europe en 1992..."

RetourVie

Dans la piscine du centre de Valmante, Gabriel Dodomenico arrive à marcher deux heures par jour, comme un "automate", en s'appuyant sur deux flotteurs.
Photo Natacha Clary